Batman: Arkham Asylum, une ode à l’horreur psychologique

323

Cette année, la Belette célèbre les 80 ans de Batman avec des articles tout au long de l’année sur les comics, les personnages … Si vous êtes intéressés, direction le dossier Les 80 ans de Batman.

Si les comics Batman ont explorés à peu près tous les genres depuis sa création il y a 80 ans, l’horreur psychologique reste assez rare pour être remarquée. Mais c’est le pari que l’auteur Grant Morrison et l’artiste Dave McKean ont tenté en 1989 dans le roman graphique Arkham Asylum.

Dans les années 80, DC Comics était alors en pleine période « Grande Bretagne« , avec pas mal d’auteurs et d’artistes qui en sont originaires. Ces embauches ont été impulsés par Karen Berger, et elles ont permis de découvrir des créateurs comme Neil Gaiman, Alan Moore, Brian Bolland ou encore Dave Gibbons. Grant Morrison et Dave McKean rentrent dans également dans cette catégorie et travaillent alors sur des projets un peu en marge du catalogue DC Comics.

critique batman arkham

Couverture par Dave McKean

Morrison va commencer son run sur Animal Man et Doom Patrol tandis que McKean collabore avec un, pour l’instant, obscur Neil Gaiman sur Sandman. Avec Arkham Asylum, le duo va intégrer les codes de leurs anciens projets sur ce Batman.

Batman doit pénétrer dans l’Asile d’Arkham, la prison pour tous les criminels fous, après que des prisonniers aient pris des otages. Il hésite beaucoup à entrer car il a peur que son parcours dans l’Asile se fasse au détriment de sa propre santé mentale.

La narration se rapproche beaucoup de celle d’Alice au Pays des Merveilles de Lewis Caroll. Batman qui pénètre dans l’Asile d’Arkham est l’équivalent d’Alice tombant dans le terrier du lapin. L’Asile d’Arkham est comme un autre monde, privé de santé mentale, avec une multitude de personnages étranges à rencontrer.

critique comics batman

Quelques cases par Dave McKean

Batman ère dans l’Asile, rencontrant différents protagonistes avec leurs problèmes. Certaines rencontres sont passées assez rapidement, mais il y en a certaines que Morrison prend le temps d’explorer. 

Beaucoup de scénaristes ont tentés de justifier le comportement du Joker. L’Asile d’Arkham permet à Morrison de prendre une direction différente de l’habituel diagnostic de psychopathe, et offre une solution qui permet aussi à tous les autres diagnostics existant de rester valide. 

Coté graphisme, McKean nous montre un Joker vraiment horrible, avec une face allongée, un menton pointu et des dents aiguisées. Ses yeux gonflés donnent l’impression de fixer le lecteur, surtout quand certaines vignettes sont entièrement remplies par sa tête. Le lecteur n’a d’autre choix que de le fixer en retour.

joker arkham

Un Joker vraiment terrifiant

Double-Face a aussi droit à un traitement différent. Son traitement médical n’a laissé qu’une coquille vide par rapport à l’homme qu’il était. Morrison l’utilise pour explorer les traitements médicaux de l’époque concernant les maladies mentales, qui font souvent plus de mal que de bien.

Une autre partie de la narration dans ce roman graphique concerne Amadeus Arkham, le fondateur de l’Asile. A travers son journal, on en apprend un peu plus sur son enfance, la transformation de sa maison de famille en Asile dans les années 20 et son éventuel plongeon dans la folie.

Nous ne pouvons pas discuter de l’Asile d’Arkham sans mentionner l’art de Dave McKean qui combine peinture, photographie, collage et sculpture pour faire le portrait des horreurs qui hantent l’Asile d’Arkham.

meilleur comic Batman

L’Asile d’Arkham n’est pas un lieu amusant et fun, merci à McKean. Et si nous sommes habitués à voir Batman utiliser l’obscurité à son avantages, ici McKean réussi à rendre l’obscurité tellement angoissante que nous en devenons presque claustrophobe.

meilleur comics joker

Encore le Joker, je ne m’en lasse pas !

Gaspar Saladino fait un boulot fantastique sur son lettrage en donnant à chaque personnage un style particulier. Batman garde un style conventionnel mais beaucoup de vilains ont droit à un lettrage en lien avec leur état mental.

Le Joker en est un parfait exemple. Les dialogues sont fait sans aucune utilisation de bulles et Saladino utilise une police un peu bordélique et pointue, colorée en rouge évidemment. Ce lettrage reflète parfaitement la dangerosité du Joker selon moi.

Si vous aimez l’idée d’avoir peur en lisant un roman graphique, L’Asile d’Arkham se doit de figurer dans votre bibliothèque !

Le roman graphique Batman: L’Asile d’Arkham est facilement trouvable chez votre revendeur habituel ou bien vous pouvez le faire livrer directement chez vous en passant par Amazon !




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *